Bonjour Boubymomo et autres contributeurs à ce “fil”,
C'est grâce au fait que cette discussion est liée sur la page des pièces “FD” de Trinidad que je suis tombé dessus.
J'ai fait une image avec les deux photos pour m'assurer des correspondances avers/revers:
Comme ALM l'a souligné, le #3 est une contremarque “FD”. La pièce hôte de cette contremarque est, en effet, un demi-penny de 1864. Le #4 est, je crois, aussi une pièce “FD” sur un demi-stiver de Guyanne britannique (à vérifier).
Si tu es intéressé à les échanger, fais-moi savoir! Je poursuis des recherches sur le “petit change” à Trinidad au XIXème siècle. Sinon, si tu n'y vois aucune objection, j'aimerais bien avoir des photos de haute qualité de chaque pièce simplement pour compléter mon inventaire.
Au fait, j'ai soumis des demandes de modification de la page dédiée à ces pièces, mais après un mois, j'attends toujours.
"M. Mendez : Notre monnaie est de shillings et de pence ; mais nous vendons toujours par les anciennes pièces de cinq cents – ce que nous appelons une demi-bit ; et avant c'était un timbre, et alors un demi-timbre vaudrait un cent et un quart, et il n'y avait pas de monnaie pour le demi-timbre, qui servait de bon tamponné avec le nom d'un commerçant responsable en ville avec la permission du gouvernement, et il l'utilisait pour le donner et le peuple le recevrait en échange, et il serait retourné pour acheter avec à l'endroit où il avait été émis ; mais si c'était un homme riche, les gens n'auraient aucune objection à prendre ces timbres. Je me souviens de l'époque où tous les demi-timbres étaient tamponnés "F. D.". M. Hoffmann : Ça s'est arrêté il y a longtemps. M. Clark : "F. D.", François Duclos, était boulanger, et il a été fait pour obtenir une commande afin de représenter le demi-timbre. Ce n'était pas fait avec une sanction du gouvernement. M. Mendez : Nous avions en monnaie anglaise les cinq pence (12 ½ cents). C'était en monnaie anglaise."
Bon faudrait la corriger sur certains termes mais en gros c'est cela !
par stampee il ne faut pas comprendre “timbre” mais monnaie timbrée ou contremarquée
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.
Bien vu, ALM. Il s'agit d'un des documents les plus importants sur les contremarques “FD”. Il a été entièrement ignoré des numismates jusqu'à récemment, mais peu d'historiens (et de numismates) savent utiliser Google pour faire de l'histoire…
Jusqu'à 2020, le consensus était que “F D” étaient les initiales d'un barbier du nom de François Declos. Cette information se trouvait dans une note de bas de page dans l'ouvrage de Robert Chalmers, A History of Currency in the British Colonies (1893), p. 123:
It is worthy of note that in the middle of the century a local barber, François Declos, stamped his initials on all pence and half-pence (valued at 2 cents and 1 cent) which came into his hands, and issued the stamped coins for 2½ and 1¼ cents respectively. These “Stampees” were freely received at the barber’s valuation.
Cette information a été reprise entre autres par Fred Pridmore dans son catalogue sur les monnaies et jetons des colonies britanniques, volume 2 sur les Caraïbes (1965), puis par Greg Brunk dans ses catalogues sur les contremarques. Le problème, c'est que Chalmers ne cite pas ses sources, sauf de manière très générale dans l'introduction.
Le passage dans les comptes rendus de la Commission de 1886 a été ignoré de tous. Mais comment trouver ce genre de source avant l'ère Google et avant l'ère de numérisation massive d'ouvrages anciens? Seulement par un coup de chance.
Contrairement à la brève note de Chalmers, ce document est à caractère officiel et originaire de Port of Spain; de plus, il date de sept ans avant Chalmers et constitue un source primaire puisque nous avons le procès verbal de témoins de cette époque.
J'en ai conclu que le nom était “Duclos” et non “Declos” … mais les témoins se trompent parfois. Le nom est en fait Desclos si on fouille un peu plus. Quant à son métier, Clark a raison: il était non barbier mais boulanger.
Quant au “stampee”, ça vient du créole français “tampè”. La population de Trinidad était majoritairement d'origine créole française. Au XVIIIème, le gouvernement colonial espagnol avait encouragé l'immigration créole des autres île. Il y avait des créoles de toutes classes sociales à Trinidad, dont des riches "planteurs" de “sucrières” (le nom donné à l'époque aux plantations de canne à sucre).
En espérant que ça en aura intéressé certains d'entre vous, mais c'est un sujet assez pointu…